Archive pour mars 2010

Nuit étoilée – 7ème jeu-parti

Vendredi 26 mars 2010

Dans notre250px-Codex_Manesse_Walther_von_der_Vogelweide jardin courtois, c’est la nuit, et tout est endormi.

Je reste là, assis, à écouter le bruit de l’eau et à choisir quel sera le sujet de notre nouveau jeu.  Je suis un peu à l’image de Walther von der Vogelweide. Le visage posé dans la main, je laisse venir l’inspiration.

La journée fut belle : promenade en forêt, accompagné de Scaevola et de Gaulcem, à converser gravement de sujets futiles et légèrement de sujets graves. Une visite dans un scriptorium connu de Scaevola, nous a permis de découvrir des ouvrages, propices à nourrir nos propos d’arguments puisés à la sagesse des anciens.
Véritablement, quelle belle journée.
La nuit prend fin sans que le sommeil m’ait trouvé mais moi, j’ai trouvé mon sujet. L’alouette, messagère du matin, fait entendre son chant.
Pour accompagner ce nouveau jeu, je vous propose une aube justement, ainsi que l’on nommait ce genre de chant, dont le sujet est le réveil des amants.
Le texte qui suit est un chant de femme, mais il est attribué au trouvère Gace Brulé.

Quand je vois se lever l’aube du jour,
Il n’y a rien que je doive plus haïr
Car elle fait me quitter
Mon bien aimé, pour qui j’ai tant d’amour.
Certes, je ne hais rien tant que le jour,
Bien aimé, qui me sépare de vous.

Le jour, je ne puis le voir
Car j’ai bien trop peur qu’on nous remarque.
Je vous le dis, c’est la vérité :
Les fâcheux sont aux aguets.
Certes, je ne hais rien tant que le jour,
Bien aimé, qui me sépare de vous.

Quand je suis allongée dans mon lit
Et que je regarde à mes cotés,
Je n’y trouve point mon bien-aimé.
Je m’en plains à tous les amants au cœur loyal.
Certes, je ne hais rien tant que le jour,
Bien aimé, qui me sépare de vous.

Ami doux et cher, vous allez partir.
A Dieu je vous recommande,
Pour Dieu, je vous en supplie, ne m’oubliez pas!
Je n’aime personne autant que vous.
Certes, je ne hais rien tant que le jour,
Bien aimé, qui me sépare de vous.

J’en fais prière à tous les amants sincères :
Qu’ils aillent chantant ma chanson
En dépit de tous les médisants
Et des méchants maris jaloux.
Certes, je ne hais rien tant que le jour,
Bien aimé, qui me sépare de vous.

L’aube qui sépare les amants approche. Dans le Jardin encore vide, c’est donc pour le moment, à la lune et aux étoiles que je pose la question.

J’aime une femme que je n’ai pu fléchir. Une autre m’offre son cœur.
Dois-je renoncer à la première qui refuse mon amour, ou continuer de la servir?

Le Traité de l’amour courtois – André le Chapelain

Samedi 6 mars 2010

traité amour courtoisAndré le Chapelain, clerc à la cour de Champagne, écrit le Traité de l’amour courtois au XIIe siècle, voulant ainsi codifier les règles de la courtoisie chevalesque. Ouvrage étrange, ou l’on trouve successivement une idéalisation de la Domna et une vision franchement misogyne des comportement féminins, il contient les règles de l’amour courtois et des Jugements d’Amour. C’est bien entendu une des sources d’inspirations des textes joués par Fortuna et du Jardin Courtois que nous animons sur ce blog.

un lien vers l’éditeur