Archive pour décembre 2013

Au pied de l’arc en ciel.

Dimanche 29 décembre 2013

ecole-moyen-age arc en ciel

J’arrive le dernier à notre rendez-vous. Il m’attendent dans cette clairière. Il sont venus en couple. Le chevalier Arc-en-ciel et son harpiste. Les deux damoiselles romanesques. Ils sont beaux. Elles sont belles. ils sont heureux, ils s’aiment.
Le chevalier est assis aux pieds du musicien. Lorsque celui-ci joue, il le couvre d’un regard émue. Parfois le harpiste s’énerve, tempête lorsqu’un accord difficile lui pose un problème. Le chevalier lui souris alors, et calme le furieux.
Les damoiselles sont assises l’une contre l’autre, se tenant par la main, doigts emmêlées. Elles se murmurent des choses à l’oreille, des choses futiles, sérieuses, drôles quand un rire partagé éclate.

A mon arrivée, le silence se fait. Je salue celles et ceux qui m’ont convoqué.

Une des damoiselles commence :
- Voici le sujet qui nous occupe. Tu animes le Jardin Courtois en t’inspirant des principes de la fin’amor. Cet amour courtois définie des relations entre une Dame et son amant. Précisément, il s’apparente à une relation de vassalité. le Drut, l’amant exaucé, est soumis à sa Domna. La femme domine. Elle est le faucon qui chasse le héron. Notre question est la suivante : Avons nous une place dans tes jeux, nous qui aimons dans notre propre sexe?
Quatre regards sont posés sur moi.
- Dans notre Jardin Courtois, nous parlons d’amour. Nous sommes passionnés, légers, drôles, profonds, mais nous n’oublions pas que nous sommes réunis pour nous amuser. Dans un précédent jeu, je rassurais la Dame Blanche sur la teneur des propos tenus lors de nos assemblées. S’il faut, pour participer à nos jeux, savoir parler de l’amour, connaitre les affres des amants et les joies des cœurs qui s’aiment, je crois que vous possédez les qualités nécessaires. Les jeux partis que je propose sont tirés d’ouvrages anciens. Les questions sont toutefois facilement transposables pour toutes sorte d’amours. Et les amours sont toujours belles. A vous comme à tous, je vous invite dans notre jardin pour le plaisir du débat, le plaisir de parler légèrement de la seule chose importante : L’Amour. Alors, bienvenue dans notre assemblée. A bientôt.

jardin medieval01

Triste est mon cœur – 14ème jeu-parti

Vendredi 6 décembre 2013

Il pleut sur la forêt profonde. Je suis descendu de cheval pour m’abriter sous les branches d’un grand chêne. Le dos appuyé au tronc, je resserre sur moi ma lourde cape de laine en réprimant un frisson. Un roulement de tonnerre, moins fort que le précédent, m’informe que l’orage s’éloigne, mais la pluie ne faiblit pas. Je croise le regard de ma monture. La crinière plaquée par la pluie, la tête penchée vers le sol, le puissant hongre me fait comprendre par un souffle à quel point cette balade ne lui semblait pas nécessaire et qu’il est assez probable que nous ne serons pas rentrés à l’heure pour le repas du soir avec l’ensemble de la mesnie. Mon cheval, noir comme la nuit, est un bon camarade. Lui comme moi aimons nos balades en forêts, mais aujourd’hui ma motivation n’était pas le plaisir. Je voulais fuir la compagnie. Mon humeur est sombre et je lui ait communiqué ma nervosité . Après quelques heures de promenade et un refus de ma monture trop violemment réprimé, je tentais une réconciliation en marchant au coté d’elle, lorsque les premières grosses gouttes sont tombées. Sous les frondaisons, je n’avais pas remarqué le ciel changeant et rapidement devenu sombre.

Je regarde cet œil noir qui m’observe. Nos deux têtes sont proches et également penchées. Mon cheval frappe du pied et sans conviction, broute une touffe d’herbe.

J’enfonce mon visage dans le col de fourrure de loup de ma cape : un loup que nous avons chassé ensemble. Au coup de grâce, la bête sauvage me regardait avancer. Dans ces yeux jaunes, je pouvais lire : « Vois ! Je meurs mais je ne demande pas merci ! »

Plus que la chasse, je préfère la promenade sans but, les galops entre les arbres quand mon destrier trace son chemin, me laissant le soin d’éviter les branches basses. J’aime à croire qu’il m’entraîne vers des lieux connus uniquement de lui, que l’on ne trouve qu’en écoutant l’appel sauvage de la nature, de la liberté. Ainsi vont nos errances mais aujourd’hui rien ne me rend heureux. Mon âme est sombre.

Je sais que l’on m’attend au Jardin courtois et pourtant je me suis éloigné sciemment. Je ne peux m’empêcher de m’en vouloir un peu, et je repense aux vers de Raimon de Miraval :

De l’amour viennent tous mes soucis,

Car je ne me soucie que de l’amour

Les beaux parleurs diront

Que d’autre chose doit s’occuper un chevalier.

Mais moi, je dis bien au contraire

Que seul l’amour, quoiqu’on en dise,

Donne sa valeur à la folie et à la sagesse

Tout ce qu’on fait par amour est juste.

Cher poète ! Dis-tu la vérité ? Moi, je ne vois que folie et en quoi mon comportement est-il juste ?

Soudain le silence me tire de mes pensées. Ma monture s’est redressée car elle L’a senti avant moi. Je scrute les fourrés et…je Le vois. Il me regarde aussi, c’est un dix-cors à la blancheur immaculée. Il est puissant. C’est un roi en son royaume et soudain je me sens intrus dans la forêt. Sa beauté, sa force inspirent le respect. Cette apparition semble me dire :  » Tu troubles la Forêt par tes pensées sombres. Tu oublies la beauté qui t’entoure, à trop la regarder sans plus la voir. Retourne à tes jeux ! Profites de la vie ! Et reviens une autre fois avec le bonheur au cœur ».

cerfBlanc

Lentement, le Cerf Blanc se détourne et s’enfonce dans les bois. La pluie faiblit, s’arrête. Ma monture s’ébroue comme pour me faire comprendre que c’est quand je veux… Je souris. En montant sur mon noir destrier, je me dis qu’il est peut être encore temps d’arriver au Jardin. Des rais de lumières percent les ramures. Nous partons au trot. Je réfléchis au sujet que je vais proposer… Voilà !

Deux amants vont, de nuit, trouver leurs belles. Surpris par un orage, ils rencontrent, non loin, du château des dames, des chevaliers qui implorent un gîte. L’un rentre chez lui pour les héberger et l’autre poursuit son chemin vers sa maîtresse. Lequel a le mieux agi ?

J’entends le chant d’un rossignol…

Stage – A l’origine était le verbe : le chœur antique – 26 janvier 2014

Jeudi 5 décembre 2013

A l’origine était le verbe : le chœur antique

« Etre ensemble dans l’écoute des corps et des voix »

Présentation et contenu du stage

Travailler sur le chœur antique, c’est explorer le langage des corps et des voix en cherchant l’unisson, ce qui demande une grande qualité d’écoute entre les acteurs du chœur. Etre à l’écoute des corps et des souffles, trouver les moments où le mouvement et la prise de parole sont justes et s’intègrent dans une écriture globale, tester une sorte de parler-chanter, c’est ce que je vous propose de découvrir ensemble à partir d’extraits de « Phèdre » et de « Médée » de Sénèque. La superbe traduction de Florence Dupont nous livre une parole poétique dense et sauvage, directe aussi. C’est une matière formidable pour libérer l’imaginaire et les sens de l’acteur, pour s’amuser et se dépasser, tout en respectant « la contrainte » du chœur qui est celle d’ « être ensemble » et d’être un relais entre le spectacle et le spectateur. Il s’agit ainsi de trouver la bonne distance dans le lâcher-prise. Faire entendre la parole, écouter l’autre, être attentif à l’autre, être au présent, autant de questions auxquelles nous sommes confrontés régulièrement dans notre cheminement d’acteur. Je vous invite à les partager ensemble, le temps d’une journée.

« L’important est de faire valoir et comprendre l’histoire, faire entendre le langage » Antoine Vitez

Nous commencerons par un échauffement physique (yoga, marches rythmées, exercices d’écoute des corps) et vocal (prise de conscience de la respiration et de notre palette vocale, travail sur des sons, des phrases extraites du texte de Sénèque) pour trouver un état de disponibilité.

Nous poursuivrons par un travail de lecture, de déchiffrage de la parole du chœur, d’exploration des rythmes de ce langage.

Nous expérimenterons enfin une mise en espace du chœur par groupes à l’aide d’exercices (exemple : travail avec un fond sonore comme la mer, le vent, la tempête). Nous chercherons comment le chœur évolue dans un mouvement et une parole communs. Qui guide ? Commente se passe-t-on le relais ?

Informations pratiques : venir avec une tenue décontractée, apprendre une dizaine de lignes parmi les extraits de « Médée » et « Phèdre » qui sont proposés.

Intervenante : Agnès Valentin

PRESSE BOOK AGNES VALENTINAprès avoir obtenu un premier prix d’art dramatique au Conservatoire National de région de Metz, elle a complété sa formation auprès de Stanislas Nordey, Philippe Ferran, Jean-Paul Denizon, Joël Pommerat et Alain Gautré. Elle a récemment participé à un travail de recherche sur le Théâtre de Sénèque sous la direction de Claude Degliame (Cie Jean-Michel Rabeux).

Depuis 2003, elle travaille régulièrement avec la Compagnie Cyclone : elle vient d’interpréter Lady Macbeth dans « Macbeth » de Shakespeare, après avoir joué dans « D’une guerre l’autre, paroles de Français dans la tourmente » dont elle a réalisé le montage des textes, « Noce à la villa » de Philippe Penguy, « Le salon littéraire de Madame Récamier » dont elle a également réalisé le montage de textes, « Mélisande et le Père Noël » conte écrit par Philippe Penguy, « Shéhérazade, l’enchanteresse », spectacle qu’elle a écrit d’après « les Mille et Une Nuits », « Du pain citoyen », spectacle créé à partir d’ateliers d’écriture menés sur la ville de Gonesse, « Les petites morts de Nicolas Flamel » de Mathias Colnos et Véronique Langeley (création contemporaine). Elle a auparavant participé à la création de « Penthésilée, motif » d’après Kleist dans une mise en scène de Julien Gaillard (Cie Oblio-di-Me ) et elle a interprété « La Force de l’habitude »  de Thomas Bernhard, « Italienne avec orchestre » de Jean-François Sivadier, deux spectacles mis en scène par Violaine Chavanne (Cie Tant pis pour la glycine ) ainsi que « Les Femmes savantes » de Molière, dans une mise en scène de Thierry Degré (Cie  Kheops ) et « L’Epreuve » de Marivaux dans une mise en scène de Martine Laisné ( Cie Arcadie ).

Elle a tourné dans « Les Femmes du 6ème étage » de Philippe Le Guay et joue également dans de nombreux court-métrages (« La belle gueule » de Thierry Sausse, « Mon ami Babacar » de Joanna Espinosa, entre autres). Elle participe par ailleurs à des lectures mises en espace (« Œil pour œil » de G. Saêdi, « Frida Kahlo Rhizome » d’après les écrits de Frida Kahlo).

Enfin, elle nourrit un intérêt particulier pour l’écriture, ce qui l’a amenée à faire deux stages d’écriture : l’un au théâtre de l’Epée de bois avec l’auteur Stéphane Jaubertie en 2007, l’autre au T2G avec l’auteur et metteur en scène, Pascal Rambert et l’écrivain Christophe Fiat en 2009/2010. Elle vient d’écrire un scénario, « Au creux du souvenir » et un texte théâtral, « Ariane ou les tribulations d’une petite fille ».

Ce stage vous est proposé le dimanche 26 janvier 2014
de 10 h à 18 h
(pause déjeuner de 1 h)

À la Maison pour tous (MPT) Marcel Bou

8-10 rue du docteur Sureau
93160 Noisy-le-Grand

Inscriptions par mail : association.fortuna@gmail.com

40 € par personne

paiement sur place