Jardin Courtois

Imaginons...

Le jardin courtois du decameron

Nous sommes assemblés dans un Jardin. Nous y tenons notre Cour d'Amour. Gentes Dames et Chevaliers Courtois, Troubadours et jongleurs, tous réunis par notre bon plaisir.

Au centre du jardin, bien sûr, une fontaine.

Pour arriver à notre jardin, il faut traverser une Forêt, royaume de la Licorne et du Cerf Blanc.

Je propose à l'assemblée de parfaire notre connaissance des règles de la Fin'amor en participant à des jeux parti, ou bien en se prononçant sur des jugements d'Amour.

Ce Jardin Courtois prospérera grâce à votre participation. Vos commentaires seront nos échanges, dans le respect des règles de la Courtoisie.

Vous trouverez ici la liste de nos jeux, classés dans la rubrique Jardin Courtois.


Archive pour la catégorie ‘Jardin Courtois’

Une pastourelle – 15ème jeu-parti

Vendredi 15 août 2014

Nous sommes dans le Jardin, le Jongleur et moi. Il pince les cordes de son Crouth, sans réelle suite mélodique. Pourtant, je ne sais comment, j’ai l’impression que le vent qui coure dans les feuillages des arbres, qui agite les buissons et effeuille les roses, lui répond.

david_crwth_smPenché sur son instrument et sans me regarder, le musicien s’adresse à moi maintenant.

- Il me semble que les chants de nos poètes courtois sont souvent bien triste. Est-ce donc une marque de l’Amour que cette mélancolie? Si cela est le cas, je préfère me contenter d’interpréter ces chants et laisser la souffrance de l’amour aux amants.

Je lui répond en souriant :

- Il est si vrai que les grands amours sont les amours impossible. Mais je te trouve injuste pour ce qui est de nos chant. Tu sais comme moi que la poésie des Trouveurs sait se faire drôle, voir coquine. Le Prince des troubadour, Guillaume d’Aquitaine était autant grivois qu’il pouvait être galant. Mais pour exemple de fantaisie, c’est au poète gascon Marcabu que je vais faire référence, si tu m’accompagne pour cette pastourelle.

L’autre jour près d’une haie,

Trouvai bergère métisse

Pleine de joie et d’esprit;

Portant – fille de vilaine -

Cape, gonelle et pelisse

Et chemise de treillis,

Souliers et chausses de laine.

Je m’approchai par la plaine

Et lui dis: « Fille charmante,

J’ai deuil que le vent vous pique. »

« Sire, me dit la vilaine,

Merci Dieu et ma nourrice!

Peu me chaut qu’il m’échevèle

Car je suis allègre et saine. »

« Fillette à l’humeur si douce,

J’ai quitté mon droit chemin

Pour vous tenir compagnie,

Car une jeune vilaine

Telle que vous, ne peut paître

Tant de bétail en tel lieu,

Seule sans plaisant ami. »

« Je sais bien – qui que je sois -

Distinguer sens et folie:

Réservez votre accointance,

Sire, ajouta la vilaine,

A ceux à qui elle sied « ,

Car tel croit la posséder

Qui n’en a que l’apparence! »

« Fillette de noble race,

C’est d’un chevalier sans doute

Que votre mère a conçu,

Étant courtoise vilaine…

Toujours plus je vous admire,

Et votre joie m’illumine…

Ah! si m’étiez plus humaine »

« Sire, je vois retourner

A la bêche et à l’araire

Mon lignage et ma famille,

Mais, Sire, dit la vilaine,

Tel qui se dit chevalier

Devrait bien faire comme eux

Les six jours de la semaine. »

« Fillette, une fée gentille

Vous donna, quand vous naquîtes,

Beauté parfaite qui passe

Celle des autres vilaines…

Vous seriez doublement belle

Si je pouvais, une fois,

Vous voir dessous, moi dessus… »

« Sire, vous m’avez tant louée

Que j’en serais fort enviée

Puisqu’en Prix m’avez haussée,

Sire, me dit la vilaine,

Vous aurez donc pour Salaire,

Au départ: « Baye, fou, baye »

Et l’après-midi perdu. »

« Fillette, un cœur dur, sauvage

S’apprivoise par l’usage…

Je vois, par cette rencontre

Si brève, qu’avec vilaine

Comme vous, l’on peut se lier

De riche amitié de cœur,

Quand l’un ne trompe point l’autre. »

« L’homme pressé de folie

Jure, promet, donne gage :

Ainsi me feriez hommage,

Sire, me dit la vilaine,

Mais pour mince droit d’entrée,

Je ne laisserai vertu,

Ni prendrai nom de ribaude. »

« Fillette, les créatures

Retournent à leur nature:

Apprêtons-nous, vous et moi,

A faire un couple, vilaine,

A l’abri, le long du pré:

Vous y serez plus tranquille

Pour faire la douce chose. »

« Sire, oui, mais selon raison

Le fou cherche la folie,

Le courtois, gente aventure,

Et le vilain, la vilaine

Là fait défaut le bon sens

Où n’est pas gardée mesure

Au dire de la gent ancienne. »

« Belle, de votre figure,

je n’en vis de plus friponne

Ni en son cœur plus traîtresse. »

« Sire, la chouette vous jette

Ce sort … L’un baye aux images

Quand l’autre attend la vraie manne! »

Ma Domna, escortée de ces Belles Compagnes, est arrivée au début du chant. Elles saluent de leur rire la fin de celui-ci et félicite le Jongleur, le poète et le bel esprit de l’héroïne de cette chanson.

- Et maintenant, me dit ma Dame, allez-vous nous soumettre un de vos jeux?

- Pas aujourd’hui! Mon humeur est plutôt à la contemplation, n’en déplaise à l’élue de mon cœur et à ses amie.

Par un sourire, elle accepte mon choix et vient s’asseoir près de moi. Nous écoutons le Jongleur qui débute un air joyeux.

Je prend la parole à la fin du chant.

- Dames ! Je ne vais pas vous laissez sur la déception de ne pas exercer votre esprit sur de belles questions d’Amour. Je vous propose donc ce jeu :

Si vous deviez perdre votre Amour, vous préféreriez l’avoir perdu d’avoir déchu, ou que ce soit l’être aimé qui ne fût plus digne de Lui ?

dame et amant au jardin courtois

De retour

Dimanche 10 août 2014

Enfin…

Envie de reprendre mes aventures. Envie de m’ occuper de notre jardin.

Envie, de nouveau, de vous parler de fin’amor, de mes amis troubadours  et trouvères, et de mes ballades en Borcéliande.

.

En cadeau, je vous offre un extrait d’ un chant de Thibaut de Champagne :

Le rossignol chante tant

Qu’ il tombe mort de l’ arbre;

Vit-on jamais si belle mort,

Si douce et si agréable?

De même façon je meurs en chantant,

Car je n’ arrives pas à être écouté de ma Dame,

Qui ne daigne pas avoir pitié de moi

 

ScanMa monture s’impatiente. Je lui est promis une ballade en forêt, pour y croiser, selon la chance, le Cerf Blanc, la Licorne, le colérique sanglier ou croiser le regard d’un loup. Je vous laisse redécouvrir notre jardin et nos jeux précédents. il est toujours temps de les (re)découvrir et de participer.

A bientôt pour un nouveau jeu.

Au pied de l’arc en ciel.

Dimanche 29 décembre 2013

ecole-moyen-age arc en ciel

J’arrive le dernier à notre rendez-vous. Il m’attendent dans cette clairière. Il sont venus en couple. Le chevalier Arc-en-ciel et son harpiste. Les deux damoiselles romanesques. Ils sont beaux. Elles sont belles. ils sont heureux, ils s’aiment.
Le chevalier est assis aux pieds du musicien. Lorsque celui-ci joue, il le couvre d’un regard émue. Parfois le harpiste s’énerve, tempête lorsqu’un accord difficile lui pose un problème. Le chevalier lui souris alors, et calme le furieux.
Les damoiselles sont assises l’une contre l’autre, se tenant par la main, doigts emmêlées. Elles se murmurent des choses à l’oreille, des choses futiles, sérieuses, drôles quand un rire partagé éclate.

A mon arrivée, le silence se fait. Je salue celles et ceux qui m’ont convoqué.

Une des damoiselles commence :
- Voici le sujet qui nous occupe. Tu animes le Jardin Courtois en t’inspirant des principes de la fin’amor. Cet amour courtois définie des relations entre une Dame et son amant. Précisément, il s’apparente à une relation de vassalité. le Drut, l’amant exaucé, est soumis à sa Domna. La femme domine. Elle est le faucon qui chasse le héron. Notre question est la suivante : Avons nous une place dans tes jeux, nous qui aimons dans notre propre sexe?
Quatre regards sont posés sur moi.
- Dans notre Jardin Courtois, nous parlons d’amour. Nous sommes passionnés, légers, drôles, profonds, mais nous n’oublions pas que nous sommes réunis pour nous amuser. Dans un précédent jeu, je rassurais la Dame Blanche sur la teneur des propos tenus lors de nos assemblées. S’il faut, pour participer à nos jeux, savoir parler de l’amour, connaitre les affres des amants et les joies des cœurs qui s’aiment, je crois que vous possédez les qualités nécessaires. Les jeux partis que je propose sont tirés d’ouvrages anciens. Les questions sont toutefois facilement transposables pour toutes sorte d’amours. Et les amours sont toujours belles. A vous comme à tous, je vous invite dans notre jardin pour le plaisir du débat, le plaisir de parler légèrement de la seule chose importante : L’Amour. Alors, bienvenue dans notre assemblée. A bientôt.

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Triste est mon cœur – 14ème jeu-parti

Vendredi 6 décembre 2013

Il pleut sur la forêt profonde. Je suis descendu de cheval pour m’abriter sous les branches d’un grand chêne. Le dos appuyé au tronc, je resserre sur moi ma lourde cape de laine en réprimant un frisson. Un roulement de tonnerre, moins fort que le précédent, m’informe que l’orage s’éloigne, mais la pluie ne faiblit pas. Je croise le regard de ma monture. La crinière plaquée par la pluie, la tête penchée vers le sol, le puissant hongre me fait comprendre par un souffle à quel point cette balade ne lui semblait pas nécessaire et qu’il est assez probable que nous ne serons pas rentrés à l’heure pour le repas du soir avec l’ensemble de la mesnie. Mon cheval, noir comme la nuit, est un bon camarade. Lui comme moi aimons nos balades en forêts, mais aujourd’hui ma motivation n’était pas le plaisir. Je voulais fuir la compagnie. Mon humeur est sombre et je lui ait communiqué ma nervosité . Après quelques heures de promenade et un refus de ma monture trop violemment réprimé, je tentais une réconciliation en marchant au coté d’elle, lorsque les premières grosses gouttes sont tombées. Sous les frondaisons, je n’avais pas remarqué le ciel changeant et rapidement devenu sombre.

Je regarde cet œil noir qui m’observe. Nos deux têtes sont proches et également penchées. Mon cheval frappe du pied et sans conviction, broute une touffe d’herbe.

J’enfonce mon visage dans le col de fourrure de loup de ma cape : un loup que nous avons chassé ensemble. Au coup de grâce, la bête sauvage me regardait avancer. Dans ces yeux jaunes, je pouvais lire : « Vois ! Je meurs mais je ne demande pas merci ! »

Plus que la chasse, je préfère la promenade sans but, les galops entre les arbres quand mon destrier trace son chemin, me laissant le soin d’éviter les branches basses. J’aime à croire qu’il m’entraîne vers des lieux connus uniquement de lui, que l’on ne trouve qu’en écoutant l’appel sauvage de la nature, de la liberté. Ainsi vont nos errances mais aujourd’hui rien ne me rend heureux. Mon âme est sombre.

Je sais que l’on m’attend au Jardin courtois et pourtant je me suis éloigné sciemment. Je ne peux m’empêcher de m’en vouloir un peu, et je repense aux vers de Raimon de Miraval :

De l’amour viennent tous mes soucis,

Car je ne me soucie que de l’amour

Les beaux parleurs diront

Que d’autre chose doit s’occuper un chevalier.

Mais moi, je dis bien au contraire

Que seul l’amour, quoiqu’on en dise,

Donne sa valeur à la folie et à la sagesse

Tout ce qu’on fait par amour est juste.

Cher poète ! Dis-tu la vérité ? Moi, je ne vois que folie et en quoi mon comportement est-il juste ?

Soudain le silence me tire de mes pensées. Ma monture s’est redressée car elle L’a senti avant moi. Je scrute les fourrés et…je Le vois. Il me regarde aussi, c’est un dix-cors à la blancheur immaculée. Il est puissant. C’est un roi en son royaume et soudain je me sens intrus dans la forêt. Sa beauté, sa force inspirent le respect. Cette apparition semble me dire :  » Tu troubles la Forêt par tes pensées sombres. Tu oublies la beauté qui t’entoure, à trop la regarder sans plus la voir. Retourne à tes jeux ! Profites de la vie ! Et reviens une autre fois avec le bonheur au cœur ».

cerfBlanc

Lentement, le Cerf Blanc se détourne et s’enfonce dans les bois. La pluie faiblit, s’arrête. Ma monture s’ébroue comme pour me faire comprendre que c’est quand je veux… Je souris. En montant sur mon noir destrier, je me dis qu’il est peut être encore temps d’arriver au Jardin. Des rais de lumières percent les ramures. Nous partons au trot. Je réfléchis au sujet que je vais proposer… Voilà !

Deux amants vont, de nuit, trouver leurs belles. Surpris par un orage, ils rencontrent, non loin, du château des dames, des chevaliers qui implorent un gîte. L’un rentre chez lui pour les héberger et l’autre poursuit son chemin vers sa maîtresse. Lequel a le mieux agi ?

J’entends le chant d’un rossignol…

Les Amants Parfaits – 13ème Jeu-parti

Samedi 29 octobre 2011

Nous sommes dans le Jardin. La nuit approche et tout n’est que calme et senteur de roses, d’herbes fraiches et fruits mûrs. Même l’eau jaillissante de la fontaine semble vouloir atténuer son joyeux clapotis pour accompagner en sourdine le vent du soir qui s’amuse à mélanger les odeurs du jardin.

Nous sommes nombreux à les attendre, dispersés dans notre « Locus voluptatis ». Il y a là un trouvère au luth étrange, qui improvise des airs pour accompagner les oiseaux. L’ondine, assise dans l’herbe s’amuse en soufflant sur les pétales de rose qui flottent dans le bassin, comme des dizaines de minuscules vaisseaux ballottés par la tempête. Elle plonge la main dans l’eau, la remue et forme un petit tourbillon, et c’est une danse de pétales maintenant. Sur une banquette, la Damoiselle Lointaine a, sur ses genoux, son petit fauve qu’elle grattouille derrière l’oreille pour l’entendre ronronner. Au alentour, dans les bosquets, par petits groupes, nos compagnons et compagnes discutent, en usant de rhétorique malicieuse, des derniers sujets abordés lors de nos précédents rassemblements. Leurs doux affrontements verbaux ne les empêchent pas d’observer à la dérobé des damoiselles qui, sur un air qu’elles chantonnent, viennent de se prendre par les mains et dansent en rond. En retrait depuis un moment, un jongleur, dans son superbe costume de charivari, une crécelle à la main, s’avance aussi pour les contempler. Et soudain, Blondes et Brunes, cheveux et robes s’envolent. Branle gay! Danse de fête jusqu’à s’en couper le souffle! Cela finit dans des rires, puis le calme revient.

manesse_amants_chasse fauconEt c’est à cet instant qu’ils arrivent.
Lui, sur son destrier noir. Elle, sur son palefroi immaculé. Ils se donnent la main, leurs montures marchant l’amble. Sur son poing droit, la Dame porte un faucon. L’homme est accompagnée d’un dogue, aussi blanc que la haquenée que monte sa Domna, et qui porte un collier serti de pierres précieuses. Le chien vient jusqu’à moi, me renifle, puis pose sa truffe dans ma paume offerte. Enfin il s’allonge à mes pieds alors que je me lève pour saluer les Parfaits Amants. Tous, dans le Jardin, s’inclinent à présent et ils acceptent notre hommage par un sourire.
Il me dit :
- Nous venons sur ton invitation, car nous avons entendu parler de ton jardin et des inestimables personnes qui s’y croisent.
Elle me regarde, sourie, et ajoute :
- Ton ambition de faire reverdir le Jardin Courtois était téméraire, chevalier, et voilà que s’y côtoie de chères âmes. Ta quête, digne d’un vrai fidèle d’Amour, sera bientôt accomplie.
Je m’incline de nouveau.
- Vous me faites trop d’honneur. Je ne suis, en ces lieux, que le serviteur de ceux qui m’honorent de leur amitié et daignent consacrer du temps aux jeux que je propose. Cela me remplit de joie et mon bonheur est à son comble de vous recevoir. Afin de fêter dignement votre visite, je propose à notre assemblée mon jeu-parti préféré.

Une Dame assise entre trois soupirants gratifie l’un d’une œillade, le deuxième d’un serrement de main, le troisième d’une pression du pied sous la table. Lequel à été le plus favorisé?

Le son d’un tambourin et d’une cornemuse se rapproche.

« Nous allons réfléchir à ton jeu, me dit-Il, mais avant cela, nous nous seront agréablement épuisés à la danse, si tu le permets »
Comment refuser? Je m’approche pour tenir leurs deux montures.

roman de la rose carole

Photos de la Cour d’Amour et du Jardin courtois

Jeudi 2 juin 2011

A l’occasion des 6èmes rencontres médiévales de Noisy le Grand, nous avons joué « la Cour D’amour », pièce en un acte, dans un jardin courtois reconstitué.

les photos de ce spectacle et de cette journée se trouvent sur notre page Facebook dans trois albums :

la Cour d’Amour

Danse dans un jardin courtois

Journée dans un jardin courtois

medievales Noisy 2011_086_1

6èmes Rencontres Médiévales de Noisy-le-Grand

Jeudi 28 avril 2011

le Dima6 medievales noisy le grand 1nche 22 mai, à partir de 14h, la Maison pour tous Marcel-Bou de Noisy le grand accueille gentes dames et preux chevaliers dans un jardin courtois, où troubadours et jongleurs viennent célébrer la Fin’amor.

MPT Marcel bou 8-10, rue du Docteur-Sureau - 93160 Noisy-le-Grand Tél. : 01 45 92 53 47

RER  A Noisy le grand – Mont d’est

Fortuna, la compagnie Cyclone, In cortezia, Bella Sorte, et les danseries des Lys vont vous entrainer dans l’ambiance des cours d’amours, dans un « locus amoenus » reconstitué.

la compagnie L’Ost de l’arc droit animera un pas de tir courtois. Le cercle Alekhine vous fera découvrir les variantes médiévales des échecs.

A partir de 16h  se tiendra la Cour d’Amour. Venez découvrir notre jardin courtois, écouter des contes, parfaire votre connaissance de l’amour courtois et danser avec nous!

6 medievales noisy le grand 2

Assise sous le rosier – 12ème jeu-parti

Samedi 26 février 2011

Grande fête au château :

Quand la cour toute entière fut rassemblée, on y convia tous les jongleurs de la contrée. Quel que soit son talent chacun voulu être présent. Dans la salle règne grande joie : chacun montre ce qu’il sait faire. L’un conte, l’autre chante, l’un siffle, l’autre joue d’un instrument, celui-ci de la harpe, celui-là de la rote, l’un de la gigue, l’autre de la vielle, celui-là de la flûte, un autre de la chalemie ….
Erec et Enide – Chrétien de Troyes

Elle est dans le Jardin, loin de la musique et de la foule qui danse. Elle est assise sur la banquette en pierre juste devant le treillis où pousse le plus beau rosier de notre « Locus voluptatis ».jardin courtois

Elle a croisé sa jambe gauche sur son genou et masse son pied. Sa tête est penchée et ses cheveux blonds lui tombent sur le visage. Le bruit de la fontaine a couvert mon approche et je n’ose aller plus loin de peur de la faire sursauter. Mais il faut croire que le poids de mon regard a suffit car elle relève la tête et me sourit.

- Comment ce fait-il que la plus ravissante des danseuses quitte ainsi le bal ? Belle damoiselle, vous qui êtes si légère à la danse que l’on vous croirait capable de marcher sur l’eau, vous voilà seule en ce jardin. Pourquoi punir notre assemblée par votre absence?

- C’est que, mon ami, si je suis légère, il n’en est pas de même pour certains de mes cavaliers! Surtout lorsqu’ils me marchent sur les pieds! Je suis courageuse mais il me fallait un répit.

Elle ris de ma confusion,  se lève et me rejoint de quelques pas aériens pour me prendre le bras. Les elfes dans la forêt doivent se déplacer comme cela.
La voilà qui m’entraîne dans une ronde improvisée, m’obligeant à la retenir sans perdre mon équilibre. Elle chantonne et sa tête s’incline de la façon charmante que j’aime tant.

carole danse med jardin courtois- C’est un air que mon père m’a écrit en cadeau, me dit-elle. Allons! Comme, à vous entendre, je suis indispensable à ce bal, retournons danser avant que mon absence ne vienne gâcher la fête. Je ne pourrais pas le supporter.
Elle me tire par la main et m’emmène vers les musiciens et le danseurs. Je tente de retrouver un peu de contenance et déclare fermement :

- Cessez de vous moquer, Damoiselle. Comme nous sommes dans notre jardin, je profite de l’occasion pour lancer un nouveau jeu-parti. Écoutez :

Qui rend un amant (ou une maîtresse) plus heureux ? Ou l’espérance de jouir, ou la jouissance elle-même?

- Que préférez-vous, mon ami? Danser avec moi, ou espérer la prochaine danse? Elle part en courant et en riant…

La Princesse Lointaine, le Chevalier d’Azur et la Harpiste – 11ème jeu-parti

Dimanche 19 décembre 2010

Au bord de la fontaine, j’écoute le bruit de l’eau qui coule se mêler aux accords de la harpe. En robe verte vaporeuse, elle se sert de son instrument pour emplir l’espace d’émotion. Son jeu est fougueux comme lorsqu’elle aime, brillant comme ses yeux, tendre comme sa main qui ramène une mèche de cheveux de son amant. Elle arrête de jouer et soudain me regarde avec l’air de dire : j’ai fait de mon mieux. Nous sourions.
C’est à cet instant que le Chevalier d’Azur et la Princesse Lointaine, nous rejoignent en ce Jardin Courtois. Ils s’avancent plein de grâce et de légèreté.
musicienne-plessisLe Chevalier d’Azur, avec adresse, fait tournoyer sa Dame avant de l’inviter à s’asseoir.
- Nous avons pris plaisir à tes jeux, me dit l’habile danseur. Avant que la nuit tombe, soumets-nous donc un nouveau dilemme. Je  défendrai, des deux choix, le moins populaire.
- Bien sur, compagnon! Et je savourerai, à mon tour, tes commentaires subtils.
La princesse lointaine intervient :
- Mes Seigneurs, lorsque vous serez lassés de vous complimenter, peut-être pourrions-nous commencer? Allez! Ne tardez plus! Quel est, ce soir, le sujet proposé?

- Voilà, Princesse! En chevalier des damoiselles, je ne peux que vous obéir immédiatement :

L’Amour réserve-t-il, à ceux qui le servent, plus de joie ou plus de souffrance?

Dans mon dos, un rire cristallin et un pincement de corde…

La rencontre avec l’ondine – 9ème et 10ème jeux-partis

Mercredi 20 octobre 2010

Dans la forêt enchantée, de retour de quête, je m’arrête à la fontaine de Barenton pour y désaltérer ma monture. Je pense à notre Jardin que j’ai délaissé, au poids des responsabilités, à la vie qui court plus vite que biche fuit devant le chasseur, aux amours perdues et à celles à venir. Le vent fait grincer les branches des chênes et frissonner les buissons. C’est alors que, sortant du cours d’eau, une ondine m’interpelle :
- Eh! Beau sire, cela fait un bon temps que tu délaisses tes jeux! Que se passe-t-il? Devons-nous être inquiètes, mes sœurs et moi,  ou simplement en colère devant ton inconstance. Poursuis-tu une quête si importante que tu doives abandonner tes devoirs dans le Jardin courtois? Pour la peine, je boude.

Ondine et chevalierEt elle me tire la langue!

- Non, Fée des eaux, calme ton juste courroux, me voici de retour et, j’ai une question pour notre assemblée. Veux-tu l’entendre la première?

L’ondine est un être charmant et curieux. Sa colère s’envole  et, dans un charmant sourire, elle me dit :
- Je t’écoute chevalier

En fait, je propose deux jeux-partis. En premier lieu pour me faire pardonner définitivement, mais aussi parce que les deux débats, glanés dans mes grimoires, ont, je pense, des points communs.

Vaut-il mieux avoir pour maîtresse une femme ou une demoiselle?

Lequel est préférable pour une femme, ou d’un amant expérimenté qui a déjà connu le plaisir, ou d’un jeune puceau tout neuf qui ne le connaît pas encore?

Qu’en pensez-vous? Qui commence?


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