Le portail de l'association Fortuna

Concert de l’ensemble in Cortezia à Versailles

27 mai 2010

l’ensemble in Cortezia se produira le mardi 15 juin 2010 à  20h30 :

Temple réformé de Versailles

3 rue Hoche

78000 Versailles

La Domna Savorousa, Concert de Chants courtois de troubadours et de trouvères, qui est aussi disponible en disque (à écouter en se baladant dans le Jardin Courtois!)

Affiche Versailles 2010

les 5èmes Rencontres Médiévales de Noisy le Grand

11 mai 2010

les 5èmes Rencontres Médiévales de Noisy le Grand auront lieu le dimanche 30 mai 2010.

De 12 H à 19 H à la Maison pour tous Marcel Bou
8-10 rue du Docteur Sureau
Noisy le Grand

tel:  01 45 92 53 47

5 rencontres medievales noisy le grand 1

Cette année, pas de banquet.  Moins de chevaliers. Nouvelle ambiance proposée par Fortuna et la Compagnie Cyclone.

11 h Défilé en costumes médiévaux sur le marché
Venez rejoindre une joyeuse troupe de ménestrels et comédiens, pour déambuler et vous amuser sur le marché du centre-ville !

12 h et 13 h Déjeuner à l’Auberge des deux mondes
L’auberge des deux mondes vous accueille dans une ambiance pittoresque avec ses soldats, ses musiciens, et ses bagarres de taverne ! Deux horaires de service vous sont proposés : à 12 h dans une ambiance « troubadours », ou à 13 h pour « le repas de la garde ». Dans tous les cas, animations garanties !
La Maison pour tous Marcel-Bou vous prête des tenues pour vous costumer :
rendez-vous entre 9 h 30 et 11 h pour les choisir !
Tarif : 15 €, moitié prix pour les – de 12 ans. Sur réservation à la Maison pour tous.

15 h Le bal des dames courtoises animé par in cortezia
Pour vous initier aux danses anciennes ! Bal ouvert par les petites princesses de Noisy le Grand.

17 h Spectacle de magie « La quête de Ganelon l’enchanteur »
Spécialement conçu pour les Rencontres médiévales, ce spectacle surprendra petits et grands.

Et tout l’après-midi
Ateliers héraldiques, démonstrations d’un artisan vitrailliste, calligraphie, vente de bijoux médiévaux… Vous rencontrerez aussi les personnages étonnants qui peuplent le bois voisin :créatures sylvestres, voyante extra-lucide, ermite de la forêt.
Pour les apercevoir, il faut une âme d’enfant…ou un p’tit coup dans le nez!
Attention : en cas de danger, les soldats de la garde seront présents pour vous protéger… ou pas !

5 rencontres medievales noisy le grand 2

Débattons du Plaisir – 8ème jeu-parti

2 mai 2010

Lors de mes rencontres, à l’orée de la forêt qui cache notre jardin, je tenais conversation avec une Dame, pleine de félicité, et un charmant compagnon guerrier du feu, alors que nous consultions le Facierum album.
Ils me disaient que les jeux sur la Fin’amor, leur semblaient bien fades, selon l’inclination qu’ils avaient tout les deux pour le plaisir des sens.
Même si l’Amour Courtois sublime les sentiments amoureux, le plaisir n’est pas négligé, loin s’en faut.
Le Troubadour Raimon Rigaut chantait:
« Toute dame qui m’accorde son amour,
Je veux que d’abord elle me le laisse faire. »

De Guillaume d’Aquitaine, le premier des grands troubadour, il nous reste onze chansons dont six sont plus que grivoises.

La vida de ce poète dit ceci :
« Le comte de Poitiers fut un des plus courtois hommes du monde, un des plus grands trompeurs de dames, riche en aventures galantes. »
L’amour chanté par  Guillaume n’est pas chaste. Il aboutit à sa conclusion charnelle.
Dans un de ces chants, il compare deux de ces maitresses à des chevaux qu’il a du mal à dompter et qu’il ne peut « garder tous deux, car l’un ne peut supporter l’autre ».
Jaufré Rudel, dont je parlais dans notre cinquième jeu, raconte, dans un de ces chants, une aventure peu chaste, où,  alors qu’il se trouve en douce compagnie, il est dérangé par des jaloux et obligé de fuir dans le plus simple appareil.

jardin courtois grivoisMais au fait? Qui, de l’homme ou de la femme est le plus esclave de ses sens?
Dans notre jardin courtois, Je me suis installé, pour cette fois, précisément entre les gentes damoiselles et fiers chevaliers. Il est simple de deviner pourquoi et pourtant j’espère des surprises car, « maréchal de lisse » de ce tournoi, il ne m’est rien de plus savoureux que les surprises de nos débats.
Voici le Jeu:
Deux personnes qui s’aiment sont couchées ensemble et s’en tiennent à de légères caresses : laquelle des deux fait un plus grand sacrifice?
(Nous conviendrons que nous sommes en présence d’un couple hétéro.)

Je m’éloigne maintenant et m’installe un peu à l’écart alors que le débat commence. Mes pensées volent vers ma Domna…

Nuit étoilée – 7ème jeu-parti

26 mars 2010

Dans notre250px-Codex_Manesse_Walther_von_der_Vogelweide jardin courtois, c’est la nuit, et tout est endormi.

Je reste là, assis, à écouter le bruit de l’eau et à choisir quel sera le sujet de notre nouveau jeu.  Je suis un peu à l’image de Walther von der Vogelweide. Le visage posé dans la main, je laisse venir l’inspiration.

La journée fut belle : promenade en forêt, accompagné de Scaevola et de Gaulcem, à converser gravement de sujets futiles et légèrement de sujets graves. Une visite dans un scriptorium connu de Scaevola, nous a permis de découvrir des ouvrages, propices à nourrir nos propos d’arguments puisés à la sagesse des anciens.
Véritablement, quelle belle journée.
La nuit prend fin sans que le sommeil m’ait trouvé mais moi, j’ai trouvé mon sujet. L’alouette, messagère du matin, fait entendre son chant.
Pour accompagner ce nouveau jeu, je vous propose une aube justement, ainsi que l’on nommait ce genre de chant, dont le sujet est le réveil des amants.
Le texte qui suit est un chant de femme, mais il est attribué au trouvère Gace Brulé.

Quand je vois se lever l’aube du jour,
Il n’y a rien que je doive plus haïr
Car elle fait me quitter
Mon bien aimé, pour qui j’ai tant d’amour.
Certes, je ne hais rien tant que le jour,
Bien aimé, qui me sépare de vous.

Le jour, je ne puis le voir
Car j’ai bien trop peur qu’on nous remarque.
Je vous le dis, c’est la vérité :
Les fâcheux sont aux aguets.
Certes, je ne hais rien tant que le jour,
Bien aimé, qui me sépare de vous.

Quand je suis allongée dans mon lit
Et que je regarde à mes cotés,
Je n’y trouve point mon bien-aimé.
Je m’en plains à tous les amants au cœur loyal.
Certes, je ne hais rien tant que le jour,
Bien aimé, qui me sépare de vous.

Ami doux et cher, vous allez partir.
A Dieu je vous recommande,
Pour Dieu, je vous en supplie, ne m’oubliez pas!
Je n’aime personne autant que vous.
Certes, je ne hais rien tant que le jour,
Bien aimé, qui me sépare de vous.

J’en fais prière à tous les amants sincères :
Qu’ils aillent chantant ma chanson
En dépit de tous les médisants
Et des méchants maris jaloux.
Certes, je ne hais rien tant que le jour,
Bien aimé, qui me sépare de vous.

L’aube qui sépare les amants approche. Dans le Jardin encore vide, c’est donc pour le moment, à la lune et aux étoiles que je pose la question.

J’aime une femme que je n’ai pu fléchir. Une autre m’offre son cœur.
Dois-je renoncer à la première qui refuse mon amour, ou continuer de la servir?

Le Traité de l’amour courtois – André le Chapelain

6 mars 2010

traité amour courtoisAndré le Chapelain, clerc à la cour de Champagne, écrit le Traité de l’amour courtois au XIIe siècle, voulant ainsi codifier les règles de la courtoisie chevalesque. Ouvrage étrange, ou l’on trouve successivement une idéalisation de la Domna et une vision franchement misogyne des comportement féminins, il contient les règles de l’amour courtois et des Jugements d’Amour. C’est bien entendu une des sources d’inspirations des textes joués par Fortuna et du Jardin Courtois que nous animons sur ce blog.

un lien vers l’éditeur

Vidéo sur l’association

27 février 2010

Vidéo réalisée dans le cadre d’un stage de L’INA, début 2008.
Réalisation de Manou JAKUBOWICZ

video Fortuna

Le bon, la brute et la rapière – Stage d’ecrime ancienne

27 février 2010

Les dates : Samedi 20 mars 2010, 13h30 à 18h30 et dimanche 21 mars, 10h à 17h30

Adresse du stage : salle d’armes, gymnase Lénine, 50 bd de Brandebourg, 94200 Ivry-sur-Seine.

Prix : 85 euros – Les inscriptions ne sont prises en compte qu’après un versement de 30 euros d’arrhes.

Tous les détails de ce stage sur le site de la Compagnie Cyclone ou le site de Jeux d’épées

Et, bien sûr, les escrimeurs de Fortuna seront là en force!

De Joie et de Jeunesse – 6ème jeu-parti

27 février 2010

- Pourquoi t’ai-je accompagné?

Il est assis prés de la fontaine et me regarde d’un air farouche.

- Tu sais que je n’apprécie guère tes jeux. Je trouve ces règles d’amour déplacées. Ne te méprend pas! Je sais aimer, et j’apprécie la présence des Damoiselles! Mais conviens avec moi que tout cela est bien rigide, artificiel

Je ne réponds pas. Le doux bruit de la fontaine comble le silence. Il reprend en se levant d’un coup.

- Et pourquoi devrions-nous être soumis à la dame? En voilà un drôle de sentiment, régis par des règles et des commandements ! Et pourquoi être lié en se sentant inférieur?
Je souris en lui répondant :
- Allons compagnon! Pourquoi essayer de caricaturer la Fin’Amor? Ne cache pas ton peu de patience aux jeux courtois derrière des raisons puériles. Ce qui se passe entre la Dame et son soupirant est un doux secret bien complexe. Le Jeu d’Amour est subtil. Je reconnais devant toi que nous imposons comme règle principale que la Dame est maîtresse du jeu amoureux…

- Ah! Tu vois!

- Mais, mon orgueilleux amis, le piège est tendre! Qu’importe d’être vassal, si le suzerain te comble de biens! Ne vois aucun abaissement à lui reconnaître le pouvoir. C’est une grande responsabilité qu’elle a, puisqu’elle a ton cœur et ta vie. Elle serait bien indigne d’être aimée celle qui abuserait de ce pouvoir. Laisse-moi te parler d’une troubairitz passionnée. Nous la connaissons sous le nom de la Comtesse de Die. Ce fut une Dame de grande noblesse, de grand talent et une grande amoureuse. Je te propose un de ces chants :

De joie et de jeunesse je me rassasie.
Joie et jeunesse me rassasient.
Mon ami est le plus malicieux,
Alors je suis vive et malicieuse.
Puisque je suis vraie avec lui,
Il est bon qu’il soit vrai avec moi.
A l’aimer, je ne renonce pas,
Et je n’ai pas le cœur de m’éloigner.beatritz-de-dia

Il me ravit et je sais qu’il vaut mieux que moi,
Celui pour qui j’ai le plus grand désir.
A celui qui le premier m’attira,
Je prie Dieu qu’il donne joie.
Que celui qui dirait du mal de lui,
On ne le croit pas, sauf si c’est moi qui fais le reproche!
Bien souvent on rassemble les verges
Dont soi-même on se frappe!

Et la dame qui s’y connaît en vrai mérite
Elle doit placer sa confiance en un preux chevalier vaillant
Alors, quand elle reconnaît son courage,
Qu’elle ose l’aimer ouvertement,
Car la dame à l’amour ouvert,
Les personnes vigoureuses et avenantes
Lui rendront hommage.

J’en ai choisi un valeureux et gracieux
Par qui le mérite progresse et s’affine.
Lui, généreux, adroit, cultivé
Sage et savant,
Je le prie de me faire confiance
Que personne n’aille lui faire croire
Que je l’abandonnerai,
Tant que, bien entendu, rien en lui ne me déçoit!

N’aimerais-tu pas être l’amant qu’elle chante et qu’elle décrit avec tant de passion? Que penses-tu des tendres chaînes qu’elle propose? Te sentirais-tu rabaissé d’être tant aimé?

- Bon! Je t’accorde que tu défends adroitement tes idées mais…

- Silence maintenant, mon cher compagnon, j’entends approcher Gentes Damoiselles et Chevaliers. Nous reprendrons notre conversation plus tard. Pour le moment, reste donc avec nous et, si le cœur t’en dit, participe à notre nouveau Jeu-parti

Dans notre Jardin Courtois, je m’avance et vous demande ceci :

Que doit préférer un amant, ou d’avoir les faveurs de sa mie, en l’exposant à un éclat, ou de manquer ces faveurs pour garder leurs amours secrètes?
Un temps de réflexion ou nous n’entendons que le bruit de l’eau qui coule à la fontaine. Il fait doux et nous sommes en honnête compagnie. Qui prend la parole?

Amour en terre lointaine – 5ème jeu-parti

24 janvier 2010

Ce soir, dans le jardin, je prends la parole devant deux charmantes demoiselles.
J’accompagne le Jeu-Parti du chant de Jaufré Rudel. Dans un précédent jeu, je me suis servi de lui pour argumenter mon propos.

La Vida de ce Seigneur-Poète raconte qu’il devint amoureux de la Comtesse de Tripoli sans avoir jamais vu cette Dame, mais simplement en entendant vanter ces mérites. Il lui dédia ces chansons. Elle devint son « Amour lointain ». En 1147, il accompagna le Roi de France Louis et sa jeune épouse Aliénor en Terre Sainte. Hélas, il tomba malade pendant la traversée. C’est agonisant qu’il fut mené jusqu’à la Dame de ses pensées. Sa Vida rapporte qu’il retrouva alors un semblant de vie avant de mourir dans ses bras. mort jaufre_rudel

Voici la traduction d’un des chants de ce Troubadour.

Amour en terre lointaine,
Pour vous mon cœur est en peine
Et je ne connais aucun remède,
Sauf ma réponse à l’appel
De l’irrésistible et doux amour
En verger ou sous courtine
Avec la compagne désirée.

Ce sera bien joyeux, quand je lui demanderais,
Pour l’amour de Dieu, l’hébergement de loin.
S’il lui plaît, je logerais
Prés d’elle, bien que de loin.
Ainsi se fait l’échange,
L’amant de loin si proche,
En finesse, jouit de tout son plaisir!

En rage et triste, je m’éloignerai
Si je ne le trouve pas, cet amour de loin.
J’ignore quand je le verrai.
Nos terres sont trop lointaines.
Il y a tant de passes et de chemins
Et je ne suis pas devin.
Enfin, que tout soit comme il lui plaît!

- Et bien Chevalier! Puissent tous les hommes avoir dans leurs amours cette dernière phrase comme devise.

Elles pouffent à présent mes deux compagnes, adossées l’une à l’autre dans une complicité toute féminine, et se tenant par la main. Assises sur la banquette d’herbe, on dirait deux sœurs siamoises. L’une glisse un secret à l’oreille de son amie puis me regarde droit dans les yeux.

- Tu y crois, Chevalier à cette passion lointaine? Tu pourrais aimer sans…
- …Embrasser, caresser, baiser!, finit sa complice. Et les perfides de rire de leurs taquineries.

- Je suis en ces lieux celui qui pose les questions, mes belles! Et comme je vois arriver les habitués de nos assemblées, je vais à l’instant vous soumettre un nouveau sujet de débat. Je vois bien que vous avez décidé de me lancer des piques ce soir. Mon sujet va sûrement vous plaire. Espérons qu’il détourne de moi vos sarcasmes et fasse porter votre ire sur les hommes discourtois.

Doit-on plus blâmer celui qui se vante des faveurs qu’on ne lui a pas accordées, que celui qui publie celles qu’il a reçues.

Cycle d’expositions : La Légende du roi Arthur

18 janvier 2010

Après l’exposition « Arthur, une légende à venir », à Rennes et « La légende du roi Arthur », à Paris, voici venir cette année « Chrétien de Troyes et la légende du roi Arthur  » à Troyes. Ce cycle d’exposition à débuté en 2008 aux Champs Libres, à Rennes et va s’achever dans l’agglomération Troyenne cette année. Une belle occasion de (re-)découvrir à quel point le mythe arthurien est  riche et la « matière de Bretagne » fascinante.

Marie de ChampagneL’image jointe à cet article est la lettre P historiée. Elle est placée au début d’un manuscrit provinois  du  Chevalier à la charrette (début du XIIIème siècle). Cette enluminure représente probablement Marie de Champagne, protectrice de Chrétien de Troyes, à qui il dédie son œuvre.
Le roman commence ainsi :
« Puisque ma Dame de Champagne veut que j’entreprenne un roman… »

C’est aussi le début la saynète de Fortuna « Chrétien entreprend un roman » , hommage libre de notre association au poète.

L’exposition troyenne se déroulera du 1er juillet au 15 octobre 2010.